L’instant Glauque : Les poils incarnés, chronique d’un fléau peu traité (confessions, conseils, astuces)

 epilations

« Elle est pas belle, la vie ? »

Avec l’arrivée du beau temps et des températures clémentes, il est tout à fait légitime de vouloir ressortir jupes, shorts et autres vêtements légers si l’on ne souhaite pas dégouliner de sueur dès les premiers rayons. Troquer son jean bien lourd contre un beau short coloré, cela paraît aussi naturel que de changer de chaussettes, mais c’est sans compter la présence de René le poil incarné, lui qui a colonisé avec ses troupes le périmètre «jambe» depuis des années.

Ainsi, le cauchemar de la jambe jamais nette est une hantise quotidienne, plongeant sa propriétaire dans une transe démentielle. Afin de remédier à cela et éviter que le phénomène ne s’aggrave, je viens aujourd’hui vous compter mes mésaventures pileuses en espérant que cela vous soit d’une quelconque utilité.

  • René, qui es-tu ?

En effet, il me paraît important de démarrer cet article avec une petite définition toute simple afin de mieux comprendre ce phénomène sponsorisé par la malchance. Qu’est-ce qu’un poil incarné ?

Un poil incarné est un poil qui, au lieu d’être obéissant et de suivre le mouvement comme ses congénères, décide de se révolter et de pousser sous la peau.

Un René mal aimé

A première vue, cela ne semble pas inquiétant pour l’individu lambda qui lit avec amusement cet article : «Pfeu, rien de bien méchant que ces petites bêtes là !» s’exclame t-il tout en passant négligemment la main sur son épiderme vierge de tout traquas pileux tandis que retentissent déjà les plaintes des victimes du fléau. «Sacrilège, enfer et damnation !», voilà le maître mot de nous autres, atteintes du syndrome du poil non vertueux. Nous connaissons les tréfonds du mal, nous sommes au courant des effets indésirables, nous savons tout. TOUT.

En effet, loin d’être simplement un poil un peu long à la détente, certain se révèlent être de véritable ennemi pour la santé de notre peau. Il y a plusieurs sortes de vilains René, du plus dociles à la pire des crapules, et il est important de savoir les reconnaître afin de mieux les combattre. Comme le dit l’adage populaire : «Apprends à connaître ton ennemi, cela évite les ennuis» Laissez moi vous présentez les spécimens de la Cour des Miracles, édition «Pilosité» :

      • René le docile : Celui-ci n’est pas un fléau à proprement parler. Facilement exterminable, il reviendra dans le droit chemin assez rapidement grâce à un petit gommage.

      • René le casanier : Tel l’ermite, ce René rechigne à sortir son petit museau poilu de son trou malgré vos tentatives pour lui faire quitter le nid. Il préfère rester bien au chaud dans le cocon douillet de l’épiderme, c’est, comme chacun le sait, tellement plus chaleureux. Pas embêtant, il continue de se livrer à sa petite vie de poil incarné : il croît sans encombre dans les profondeurs abyssales de votre peau jusqu’au jour où il prendra son envol vers la Terre du Milieu. Que voulez-vous, on ne devient pas un poil fort et imposant en vingt et un jour.

      • René le boulet : Tout comme le casanier, ce René prend son temps pour grandir en toute sécurité. Cependant, celui là ne parviendra pas à couper le cordon, il restera bien confortablement implanté en zone libre tant que vous ne viendrez pas le déloger à coup de pince à épiler ou de tout autre objet un tant soit peu pointu.

      • René la canaille : La situation devient critique : en effet, en plus de pousser sous l’épiderme, ce René forme un petit bouton fort sympathique. Seul moyen de l’éradiquer : percer l’indésirable en priant pour ne pas avoir de cicatrice post-opératoire.

      • René l’infecté : Le stade ultime du poil incarné à l’apogée de son vice : René le boutonneux en pleine crise d’adolescence s’est mué en monticule rouge et douloureuse. Vous ne pouvez plus passer la main sur René sans ressentir l’appel du démon. René s’est infecté. Afin de régler le problème, il faudra percer l’immondice minutieusement si ce dernier n’est pas trop important, bien désinfecter et surveiller attentivement dans les jours qui suivent. En effet, il peut se transformer en kyste voire en abcès dans le pire des cas, ce qui nécessitera sans doute une intervention chirurgicale.

        Jack Sparrow exposé à un René particulièrement récalcitrant

        Au moindre doute, précipitez vous chez le dermatologue plutôt que sur Doctissimo !

  • Rencontre avec René et vie commune :

J’ai eu le malheur de rencontré René à l’aube de l’adolescence, lorsque le duvet qui habillait mes gambettes d’une fine couche protectrice en cas d’ère glacière m’est devenu tout bonnement intolérable. A partir de douze ans, il est inconcevable pour une jeune fille de nos contrées de se promener le duvet à l’air sans craindre les moqueries de ses congénères, souvent très fins à l’heure où la boutade de mauvais goût est reine dans les cours de récréation.

C’est ainsi que, sous les conseils avisés de ma mère esthéticienne, je suis passée par la case épilation, mention cire chaude. Très satisfaite du résultat, je me suis pliée à l’exercice pendant deux ans avant de me rebeller. En effet, j’en avais plus qu’assez de devoir attendre trois semaines que toute la smala est déniée pointer le bout de son nez pour pouvoir lui régler son compte dans les règles de l’art. Agacée de ne jamais avoir la jambe nette plus de trois jours, j’ai pris une décision qui a affecté l’état déjà précaire de mes gambettes : j’ai investi dans l’épilateur électrique, aka «la machine infernale».

Un tonnerre d’applaudissement pour le vice incarné !

D’abord très heureuse de pouvoir m’épiler à ma guise, j’ai vite déchanté lorsque les premiers effets indésirables sont apparus : ma peau, déjà sujette aux poils incarnés, s’est retrouvée dans un bien sale état. Le champs de bataille n’était pas beau à voir. Partout, René et ses troupes s’étaient installés sur le front, colonisant des zones critiques qui sont encore aujourd’hui en cours de défrichage. Parmi les plus touchées, je nomme : la zone du maillot et du ventre, ô joie.

L’état de ma peau après le passage de René et son armée

En bonne écervelée que j’étais, j’ai attaqué l’ennemi non pas avec douceur et patience mais avec force et détermination, munie de l’outil destructeur par excellence : la pince à épiler. Et vas y que je te déterre les troupes à grands renforts de coups aiguisés ! Bilan catastrophique : une peau pleine de cicatrices, agressée, irritée… Il y a de quoi pleurer tout son soul dans les chaumières en s’apitoyant sur son sort, en maudissant ses gènes et en écoutant «Jalouse» de Mademoiselle K tout en feuilletant des magasines féminins où la gent féminine est dépourvu de la moindre pilosité.

« Et ça me ronge, ça me pourrit, ça me rend dingue, ça m’fout en l’air »

Après de nombreux tests plus ou moins concluants, je vous livre mes petits conseils en espérant qu’ils pourront être un tant soit peu utiles.

  • Éviter que René ne s’installe dans nos pénates :

Pour cela, quelques petites précautions toutes simples :

L’épilateur, la machine du malheur : Vous l’aurez compris, si votre peau à tendance à être le terrain de jeu des poils incarnés, il vaut mieux bannir l’outil avant qu’il ne soit trop tard.

Les gommages, le secret d’un beau plumage : Un petit gommage hebdomadaire minimum, voilà la recette du bonheur.

L’hydratation, le remède contre l’occupation : Pour éviter de faciliter la tâche à René qui adore les zones de grandes sécheresses pour se développer, on hydrate consciencieusement sa peau afin de l’assouplir et de permettre aux petits poils de percer l’épiderme avec autant de facilité qu’un couteau dans une motte de beurre -non, Top Chef ne m’a pas fait basculer dans l’utopie culinaire.

  • Lorsque René est là, il est temps de mettre le holà :

Afin de ralentir la progression et de préserver les zones libres, on sort l’artillerie lourde :

Le gant de crin, l’arme contre les gredins : Cet outil, c’est un peu l’équivalent de la bombe atomique pour nos poils, ils se sentent tout de suite menacés par l’ampleur du phénomène. En effet, le gant de crin, utilisé correctement, se révèle être très efficace dans l’éradication des poils ennemis.

Avouez que ça a l’air drôlement sympathique !

Plusieurs moyens d’utilisation :

Action d’entretien : Deux à trois par semaine maximum, lors de la douche, on se munit de l’outil sur lequel on verse un peu de gommage (fait maison ou acheté, peu importe). On frotte doucement sur une peau humide puis on hydrate bien.

Action éclair pour un résultat d’enfer : Les Renés se sont appropriés le terrain malgré vos efforts, une seule solution se présente à vous. Après la douche, lorsque la peau est encore assouplie, on vient frotter doucement son gain de crin sec en formant de petits cercles. Ensuite, on désinfecte et on crème sans retenue. Cette technique dite de «l’orbite» fait sortir les plus récalcitrants. Néanmoins, ce gommage ne doit en aucun cas être fait quotidiennement voire plusieurs fois par jour, même pendant les périodes de crise du poil ! Cela ne ferait qu’agresser votre peau et la fragiliser.

  • Effacer les traces du passage de René :

René, en tant que représentant officiel du club des mesquins, n’hésite pas à laisser des souvenirs de son passage afin d’alerter la population. Pour réparer les litiges, voici quelques petits produits qui pourront vous aider lors des moments difficiles.

Faire sortir les René de leur trou : Parfois, même avec des gommages réguliers et une hydratation bien menée, certains René demeurent récalcitrants. Pour cela, la crème de chez Uriage Kératosane 30 fait des miracles : Elle assouplit l’épiderme et permet aux René de libérer la zone de conflit.

*Chœur d’ange*

Apaiser une peau irritée par une attaque de René : Après un gommage et une petite visite de l’amie/ennemie pince épilée, votre épiderme a besoin de se requinquer. Pour calmer les rougeurs, les petites plaies et faire disparaître les cicatrices, la célèbre crème Cicalfate de chez Avène est merveilleuse. N’hésitez pas à l’appliquer en couche épaisse pour multiplier les bienfaits.

La crème de la crème !

Bannir et se méfier des complices de René : Il est temps d’aborder le sujet épineux de la pince à épiler qui peut se révéler être aussi bien une alliée qu’une virulente ennemie. En effet, elle permet de déloger les petits poils mesquins mais elle crée également des cicatrices terribles, marques souvent indélébiles de son passage pourtant éclair. C’est pourquoi il faut apprendre à utiliser la pince à épilée avec précaution et toujours bien désinfecter après emploi.

Elle joue double jeu, la vilaine !

Les ongles paraissent également être une alternative gratuite à la pince épiler : il est si facile de gratouiller ses gambettes mine de rien lorsque la pince n’est pas dans le coin ! Tout comme cette dernière, les ongles laissent des cicatrices et ne sont pas de première fraicheur, attention à l’infection !

  • Routine anti-René

Afin d’éviter les visites intempestives de ce cher René, je vous présente mon petit rituel qui a nettement amélioré ma situation :

Epilation à la cire toutes les deux semaines (été) ou trois semaines (hiver) : Je suis revenue à la cire pour la simple et bonne raison que c’est la seule technique qui me permet d’avoir moins de poils incarnés.

Je chasse les René résistants à la pince : après l’épilation, je sorts la frontale et la pince à épiler et j’inspecte minutieusement ma peau à la traque du moindre René qui aurait échappé à la cire.

Je désinfecte soigneusement afin d’éviter toute infection.

J’hydrate d’abord avec une huile post-épilation puis avec ma crème hydratante.

J’effectue des gommages doux tous les deux/trois jours plus un gommage costaud une fois par semaine.

Grâce à cette routine, les René désertent peu à peu le territoire et ma peau peut enfin se reposer un peu. Je lutte quotidiennement contre ce fléau qui s’était transformé en véritable complexe au fil du temps. Aujourd’hui, j’essaie d’éviter à tout prix les erreurs qui pourraient aggraver le phénomène. En attendant d’avoir la jambe lisse, nette et dépourvue de la moindre cicatrice, je prends mon mal en patience.

N’hésitez pas à donner vos petites astuces pour combattre ces ennemis si jamais vous êtes également membre de la Ligue Anti-René !

Bises toutes douces,

Alexia

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3 réflexions sur “L’instant Glauque : Les poils incarnés, chronique d’un fléau peu traité (confessions, conseils, astuces)

  1. J’ai exactement le même problème, une peau très sujette aux poils incarnés… A force je ne m’épile plus les cuisses, je laisse mon fin duvet (heureusement) libre.
    Pour les jambes, la phase épilateur électriques a été horrible, j’ai du arrêter au bout de 2-3 épilations, je suis revenue temporairement au rasoir, les poils étant plus épais ils arrivent mieux à percer la peau mais c’est loin d’être satisfaisant.
    Concernant les gommages, j’ai beaucoup de mal à voir la différence avec et sans, mais je ne suis peut-être pas assez assidue.
    Il faut se résigner malheureusement mais c’est un problème très embêtant ! Pourquoi pas économiser pour l’épilation définitive ? le rêve !

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup Flo pour ton témoignage ! Et oui, l’épilation définitive semble être le véritable salut pour nous autres ^^ Le seul moyens est d’économiser, comme tu le dis :p
      J’espère que nous trouverons un jour une solution sans devoir passer obligatoirement par la case « lazer » ou « lumière pulsée » x)

      Aimé par 1 personne

  2. Franchement merci pour ton article il est super ! J’avais jamais eu de poils incarnés et la (je sais pas pk) une épilation maillot raté et résultat après 3rdv chez le dermato en 2mois on m’a diagnostiqué une surinfection et même des kystes :( .. J’abuse de la crème avene et des antibiotiques qu’on m’a prescrit et plein d’autre astuces et franchement les tiennes sont super car moi même je ss devenu une pro lol. Sauf peut être le fait de les deloger a la pince à epiler, je ne suis pas fan car d’après la dermato c’est très mauvais et c’est ce qui laisse les cicatrices. Il faut les laisser sortir seul !! Même si moi j’ai pas réussi, je déteste les poils et le moindre bouton me fais sursauter ..

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