Les 5 plaies du printemps !

L'utopie
L’utopie

Dans des temps anciens, je vous parlais avec enthousiasme des aspects hautement sympathiques de cette saison -clique ici si tu souhaites te ressourcer avec des ondes positives avant d’attaquer la Grande Décadence. Seulement, le printemps ne se résume pas à une ballade dans les prés où l’herbe est tondue et où chaque pas est accompagné par le chant des oiseaux et un coucher de soleil rosée. Parfois, on se surprend à penser «Vivement l’été !» en médisant les prochains jours qui nous éloignent encore du 21 juin, jour béni de la Fête de la Musique.

Puisque la vie n’est pas un long fleuve tranquille et qu’il est parfois bénéfique d’exprimer ce qui nous agace, je vous propose aujourd’hui de lister ensemble Les Petites Galères Printanières, ces points pénibles et râlants dont on se passerait bien.

Laisse la Mémé s'exprimer !
Laisse la Mémé s’exprimer !
  • «En Avril, ne te découvre pas d’un fil !»

C’est avec cet adage révélateur que commence les festivités. En effet, que le premier individu issu de la lignée des Homo Sapiens me jette le fossile qui lui tombe sous la main s’il n’a jamais expérimenté les changeants constants du temps. Chaque jour c’est la même rengaine : le soleil joue à cache-cache avec nos nerfs et nous fait pester à la première occasion lorsque la petite jupe légère choisie le matin même se révèle être ridiculement inappropriée face à la tempête inopinée qui menace de s’abattre sur notre contrée. C’est dans un joyeux désordre qu’il fait tantôt si beau qu’on pourrait sans peine faire une virée surprise à la playa accompagné de tous nos guillerets potos, tantôt si frisquet que le port du blouson en jean se fait dans la douleur et les remords.

En même temps il faut nous comprendre, Dieu de la Météo, on en a plus qu’assez des écharpes, gants et autres cache-nez ! Après plusieurs mois à subir les bises glaciales et les congères, on interprète le moindre rayon qui perce comme le signal de départ nous autorisant à sortir les vêtements estivaux, aussi rapidement qu’Usan Bolt démarrant son sprint sur les starting blocks -c’est vous dire l’efficacité de la manœuvre. Je ne compte plus le nombre de fois où j’aperçois une pauvre nenette pataugeant dans les flaques en sandales, la perruque trempée comme une serpillère, dans une parfaite imitation involontaire du lavomatique à auto.

Chouchou revisite pour nous le Mythe du Printemps Capricieux
Chouchou revisite pour nous le Mythe du Printemps Capricieux

«Au printemps point de bikini, sort ton pépin pour braver les intempéries» voilà ce qui devrait être gravé dans les mœurs et les esprits, mes amis. Le parapluie apparaît ainsi comme l’outil indispensable pour rester au sec et conserver un minimum de dignité, même lorsqu’on doit rentrer chez soi en compensées avec les orteils congelés.

La star du Printemps !
La star du Printemps !

J’ai remarqué -attention, faites place à la grande scientifique des collines- que les instabilités météorologiques avaient tendance à influer légèrement sur le moral des populations. En effet, lors des journées ensoleillées, seul un cinquième du peuple (généralement constitué par le troisième âge ou les ronchons invétérés) ne geindra sur le fait que «cette chaleur est étouffante, c’est insupportable !» tandis que le reste des âmes marchera le nez levé vers les cieux, lunettes de soleil en position, dans un vain espoir de colorer son minois avant le retour tonitruant de la pluie. A l’inverse, lorsque le vent et les gouttes triomphent, et qu’on est en prime lundi matin, le moral des troupes est au niveau des oubliettes : regard dans le vague, teint blême, pull de sorti… Un bien triste spectacle, excepté pour ceux qui se réjouissent du déluge car cela les motive à réviser.

Une minute de micro Coup de Gueule s’impose : Je ne comprends pas ces personnes, malgré toute la bonne volonté que je mets à écouter attentivement leurs explications sur la théorie dite du «Mauvais temps = Bonnes révisions». Qu’y a t-il de motivant à voir des trombes d’eau déferlées derrière vos carreaux alors qu’on est fin mai, c’est à dire un mois pile avant le début de la saison chaude ? Expliquez moi votre logique car je sèche complètement.

  • Le grand retour des Nuisibles…

Catégorie «Faune» *passage de Victoria sur ses échasses* :

Regardez moi cette aisance naturelle !
Regardez moi cette aisance naturelle !

Le printemps ramène avec lui une joyeuse bande de créatures pour le moins sympathiques. Au programme, une envolée d’insectes rampants, volants, bavants et piquants qui ont l’unique talent de me hérisser le duvet dès que j’ai le malheur d’en apercevoir un -mode paranoïaque activé. Pour continuer en beauté, revenons ensemble sur les spécimens que nous avons le plus de chance de croiser dès que le mois de Mars fait son entré dans le cercle très privé du calendrier.

Mon bonheur #mensonge
Mon bonheur #mensonge
    • Les araignées : Bien planquées dans leur toile, ces missionnaires du Malin se font un plaisir de surgir dès qu’un brin de ménage s’impose dans vos pénates, notamment dans les greniers, garages et autres antres dotées de l’option obscurité.

    • Les moustiques : La première vague de chaleur qui frappe nos contrées est une occasion en or pour ces vampires ailées qui traquent la moindre proie à coup de «zzzzzz» insupportables, surtout de nuit. Ces horribles bestioles sont capables de plonger dans la démence quiconque essaie désespérément de trouver le repos lors d’une nuit d’été où la température ne descend pas au dessous de trente degrés.

    • Les tiques : Ces viles bestioles n’attendent qu’une chose : qu’un mollet guilleret ait le malheur d’investir leur Territoire Infesté pour sauter délibérément sur la victime qui se ballade joyeusement à travers champ, telle la paysanne d’antan, panier en osier sur le bras et chapeau de paille vissé sur le crâne tout en poussant la chansonnette paillarde trois octaves au dessus de la moyenne autorisée.

    • Les millepattes : Ces affreuses créatures m’effraient à un point qui frôle l’intolérable. En effet, qui n’a jamais poussé un cri de terreur sous la douche en plein été en découvrant que votre toilette privée s’est en fait déroulée en collocation avec cet invité sympathique ? Quoi de plus traumatisant, je vous le demande. De plus, ces horreurs se déplacent à une vitesse folle, ce qui les rend d’autant plus dangereuse et menaçante pour les personnes à mobilité réduite.

    • Les fourmis : Bien qu’inoffensives, elles peuvent tout de même se révéler être fort pénibles lors d’un pique-nique en pleine nature. Qui n’a jamais rêvé de partager sa tartine de Saint-Moret avec une fourmilière à domicile ?

    • Bourdons, abeilles et toutes créatures dotées de la fonction «bourdonnement intempestif» : Créant une diversion souvent salutaire en cours, ces insectes volants représentent néanmoins la bête noire de beaucoup d’entre nous. Très peu sont les individus qui ne profitent pas de l’entrée bourdonnante d’un spécimen pour sortir tout objet assez lourd pour neutraliser l’indésirable dans les plus brefs délais. Un combat légitime, en soi.

      Catégorie «Flore» *Derechef accompagné d’un passage de Victoria, notre cruche préférée*

Toujours autant de naturel !
Toujours autant de naturel !

Les végétaux représentent en général une moindre menace, ce qui fait d’eux un ennemi d’autant plus vil. Ce dernier redouble d’astuce pour mieux berner son monde.

    • Champion toute catégorie, j’ai nommé le pollen : Substance volatile par excellence, c’est à grand coup d’éternuement, d’yeux dégoulinants, de voix enrouées et de gosiers qui démangent qu’elle attaque sa victime. Une manière somme toute fort sympathique de réduire le peuple à l’impuissance.

    • Les orties : Tout comme les tiques, ils attendent patiemment, tapis dans l’ombre, qu’un malheureux viennent se jeter entre leurs feuilles irritantes. Ambiance dans les hautes herbes.

    • Les rosiers : Ces derniers agissent avec beaucoup de malice selon la technique du trompe-oeil qui consiste à attirer la proie grâce à une apparence agréable afin de mieux refermer leur piège piquant sur sa mimine innocente. Des êtres d’un vice rare.

    • Les fleurs et feuilles non identifiées : Volants, collants, ces envoyés du Diable ont pour mission de vous gâcher la vie. Leur tâche préférée consiste à s’amasser sous vos chaussures pour les salir, ou pire : vous faire glisser lamentablement. Ils excellent également dans le parasitisme car ils adorent se coincer dans vos cheveux pour les rendre poisseux et émietter leurs composants sur votre perruque brillante.

  • «En mai, fais ce qu’il te plait !»
Non je blague !
Non je blague !

N’y a t-il pas plus mensongé que ce proverbe ? En effet, le mois de Mai est généralement le Mois de la Fin pour beaucoup d’entre nous. Certains sont en proie avec les révisions d’examens en tout genre tandis que d’autres se battent pour trouver un job d’été voire un job tout court. Le théorème du «Rush de la vie» s’applique pour la plupart sans recours à des propriétés types du genre «Tu as la vie devant toi, si tu rates le Bac ce n’est pas la cata ». Mensonge éhonté, scélérat !

Chacun stresse dans son coin, montrant avec plus ou moins de signes évidents la tempête interne qui menace de ravager les côtes des particuliers alentours. L’individu moyen erre en quête d’un endroit sympathique où poser son postérieur pour travailler efficacement tandis que les plus chanceux (les secondes pour ne pas les nommer), parlent sans détours des vacances qui arrivent à grands pas.

La société se retrouve partagée en deux clans bien distincts : le club de l’année à «enjeux» et l’équipe de l’Année de la Glande, sans examens à la clefs, mention doigts de pieds en éventail.

Trop de pression, les gars !
Trop de pression, les gars !

Les populations se jaugent, s’étudient et s’analysent avec attention, se transformant en scientifiques potentiels face à un T.P de chimie foireux et obscur. Chaque clan ne lésine pas sur l’emploi d’adjectifs péjoratifs pour désigner l’autre bord de la cale : tantôt nostalgiques, tantôt moqueurs en fonction de l’humeur des troupes.

L’enfer a désormais un nom pour les terminales : ce n’est autre qu’APB. Ce site de la Mort, missionnaire du Malin par excellence qui parvient à terroriser et à paniquer les plus «je m’en foutise» d’entre nous. Entre réservation de logements, saisie des vœux qui scelleront votre destin pour l’année suivante et hésitations de dernières minutes, le quotidien des terminales est angoissant -musique de film d’horreur.

Plus les jours passent plus le temps semble s’accélérer sans nous avoir concerté : le Jour J arrive à grandes enjambées guillerettes alors que notre cerveau surchauffé se réduit en bouilli gluante et refuse de coopérer davantage. Pas de panique, nous sommes tous dans la même galère !

  • Le soudain réveil du peuple au sujet de sa corpulence :
La prise de conscience au saut du lit
La prise de conscience au saut du lit

Est-ce nécessaire de m’étaler sur le sujet ? Vous savez déjà à quel point ça m’agace d’entendre geindre les populations à l’approche des beaux jours et qui s’inquiètent brusquement pour leurs bourrelés qu’elles ont entretenus jusque là sans que cela leur pose un quelconque problème. Vous connaissez également mon avis sur la question de la tendance Healthy; bien loin d’avoir changée, mon opinion ne s’est que renforcée au fil des mois vis à vis de toutes les vidéos Coup de Gueule qui sont sortis à ce propos.

Peu de personnes se rendent réellement compte de l’impact qu’une telle mode peut avoir chez les autres, et en partie chez les plus jeunes. De plus en plus d’adolescentes sombrent dans l’anorexie, j’ai beaucoup de mal à me dire que ce n’est pas lié au fait de voir des corps soi disant «parfait» à longueur de journée où le muscle saillant règne en maitre et où la moindre parcelle de graisse est traquée et déclarée comme ennemie publique.

La vie ce n’est pas de se priver continuellement pour atteindre un présupposé idéal dicté par une société basée sur l’apparence. Si demain les critères changent et que la mode déclare que la beauté c’est désormais de peser cent-vingt kilos, le feriez-vous ? Seriez-vous prêt à prendre autant de poids pour atteindre ce nouvel idéal ? «Bien sur que non, me diriez-vous, parce c’est dangereux pour la santé d’être en surpoids». Par contre s’affamer, ne manger plus que des légumes et des fruits et faire dix heures de sport par semaine juste pour bruler des calories ça c’est totalement normal. Ça n’inquiète personne.

"C'est quoi ton blem, Wesh ? T'as pas entendu le Ministère : C'est cinq fruits et légumes par jour !"
« C’est quoi ton blem, Wesh ? T’as pas entendu le Ministère : C’est cinq fruits et légumes par jour ! »

Le plus grave est que désormais des parents décident volontairement de maitre au régime leurs enfants avant l’été. Mais où va t-on, sérieusement ? Des enfants et adolescents qui n’ont pas de problème de poids, qui sont en bonne santé et qui ne sont justement pas attirés par tout cet engouement autour du culte du corps auxquels on impose des régimes stricts où le moindre féculent est soigneusement banni sous peine de remontrances désobligeantes. Ça me révolte de voir de tels phénomènes se produire consciemment alors que beaucoup de personne se battent quotidiennement pour tenter de sortir de la spirale infernale des troubles alimentaires.

Comment peut-on imposer cela à des enfants ou des adolescents qui se sentent bien dans leur peau ? Comment peut-on complexer sa propre fille au sujet de son physique alors qu’il n’a absolument pas à être modifié ?

Après on s’étonne qu’un tel ait soudainement perdu dix kilos ou qu’un autre refuse de prendre une glace. Si l’on réfléchissait un peu plus avant de prononcer des paroles lourdes de conséquences, je pense que beaucoup de jeunes filles ne seraient pas aussi déterminées à perdre impérativement du poids avant de passer par la case playa.

  • «En juin, la nostalgie tu incarneras»

Tout comme le mois de Décembre, le mois de Juin représente pour beaucoup le règne de la Fin, la Dernière Ligne Droite avant le Grand Plongeon. Stigmatisé par la fin de l’année scolaire, le peuple est divisé sur le sujet : tantôt joyeux et guilleret à la perspective des deux mois de chill intense qui les attend, tantôt tristounet à l’idée de quitter compagnons de labeurs et manuels scolaires -faux, c’était pour voir si vous suiviez.

L’année de terminale est encore plus marquée par le phénomène car elle incarne à elle seule le véritable Tournant.

C'est limite limite !
C’est limite limite !

En effet, elle représente la fin d’un cycle («l’école c’est fini, youpee youpee yeah !») et le passage à la vie étudiante voire active, perspective aussi enthousiasmante qu’inquiétante pour le commun des mortels. Le moral des troupe se retrouve piégé entre impatience et réservations, espoirs, promesses du destin et désillusions.

Tout ce précipite, s’accélère, les mois défilent, les jours se succèdent dans un quadrille endiablé, le dernier conseil de classe marque une rupture définitive entre les résignés et les déterminés qui viendront en cours jusqu’à la fin tandis que l’autre bord révisera plus ou moins avant de se présenter à l’examen, la fleur au fusil et le sourire aux lèvres, l’habit de chasseur en moins.

Le mois de Juin est l’entre deux, une espèce de monde parallèle en dehors du temps et de la vie ordinaire. C’est un moment de joie et de tristesse, une période dont on se passerait bien mais dont la présence est indispensable. C’est la période du presque. Le moment où l’on est presque plus un adolescent mais presque un adulte avec un pied dans le passé, l’autre dans le futur et la tête pleine de rêves et d’espoirs coincée au milieu.

Cette répartition foireuse se répercute sur nos sentiments qui sont à la fois contradictoires et en adéquation, se mêlant pour mieux se séparer. On ne réalise pas encore ce qui nous attend tout en commençant à visualiser et à prévoir notre avenir. On avance jour après jour, à chaque pas plus proche de notre futur, s’éloignant peu à peu de ce qu’on a toujours connu.

On passe un peu plus de temps à observer nos amis et toutes ces personnes que l’on croise chaque jour sans véritablement en avoir conscience et qui font néanmoins partie intégrante de notre petit monde. On essaie de graver des expressions, des paroles dans nos mémoires, des odeurs, des sons afin que nos souvenirs soient le plus précis possibles.

L'outil indispensable du Nostalgique
L’outil indispensable du Nostalgique

On s’attarde sur des détails : des fissures dans le plafond, des irrégularités dans le sol. Ce qui nous exaspérait tant devient un peu plus supportable et même sympathique quand on prend conscience que tout ça, tout ce qu’on a vu et vécu tant de fois, tout ça va bientôt disparaître de notre vie. La petite routine rassurante, ennuyante que l’on menait chaque jour va bientôt laisser place à un tout nouveau quotidien encore inconnu et incertain.

Le mois de Juin c’est un quai de gare.

Il ne manque plus que les mouchoirs
Il ne manque plus que les mouchoirs

C’est un lieu de départ et d’arrivée où l’on perd des bagages et où l’on repart avec une autre valise sans étiquette. Où l’on quitte des personnes chères et où l’on en abandonne d’autres sans regret. Où l’on laisse un petit bout de soi pour ceux qui restent et où l’on prend des petits morceaux des autres pour nous accompagner dans nos prochains voyages. C’est un moment de joie et de tristesse, une période dont on se passerait bien mais dont le déroulement est indispensable. Le mois de Juin est un quai de gare avec pleins de sourires, des larmes aux coins des paupières, beaucoup de bonjour et quelques au revoir.

J’espère que cet article un peu long vous aura néanmoins plu. N’hésitez pas à partager vos plaies du printemps, que l’on puisse débattre tous ensemble !

Grosses bises sans pollen,

Alexia

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