Back to School : Typologie des élèves que l’on retrouve chaque année

Classe factice
Classe factice

Primaire, collège, lycée, vers le trois septembre c’est l’ébullition : la rentrée occupe les esprits, monopole l’attention des plus laxistes et angoisse le commun des mortels. Le ballet de reprise scolaire est chaque année identique et pourtant l’individu lambda vit l’événement avec autant d’excitation que son premier concert de Lorie – Big Up aux jeunes des années 90.

Les grilles de l’établissement franchies, il est temps de trouver sa classe dans la mêlée d’individus bougons ou surexcités qui se pressent devant les listes tel le rugbyman en plein match pour découvrir à quelle sauce on va être cuisiné cette année.

Une fois son patronyme déchiffré, c’est avec la mort dans l’âme  joie et enthousiasme que l’on parcourt les couloirs d’un air impassible, les pieds marinant déjà dans nos nouvelles chaussures, avant de faire notre entrée dans la salle de classe ou le professeur principal nous attend déjà, cernes et sourire las bien en place.

Le séant confortablement installé sur une chaise étonnamment propre pour la circonstance, il est temps de s’adonner à l’activité de rentrée par excellence : le repérage des Troupes. Où que l’on soit, à n’importe quel niveau, il y a une chose sur laquelle la population s’accorde : la composition des classes n’échappe pas à la règle de la biodiversité, même si l’on s’en passerait bien parfois. Ainsi, chaque classe comporte son lot de boulets, de jeunes prodiges, de « je m’en foutise ».

Population d'une classe lambda
Population d’une classe lambda

Je vous propose aujourd’hui de dresser ensemble la liste des spécimens que l’on a tous déjà retrouvé dans notre classe, tous ces individus que l’on va devoir côtoyer pendant une année scolaire, pour le meilleur comme pour le pire.

/!\ Disclaimer : Cet article est humoristique, en ce sens les traits sont un peu grossis pour parfaire les descriptions.

  • Jimmy Neutron ou l’incarnation du gène de l’intello :

    « Jimmy n’est pas méchant mais il est terriblement chiant !» chantonnent les petits dans la cour de la maternelle lorsqu’il passe devant les grilles de sa démarche chaloupée maladroite mais pressée, embarrassé par un sac à dos pesant son poids en livres et manuels divers. Toujours ponctuel, le Jimmy ne rate jamais un cours, même en cas de paralysie faciale après un T.P qui aurait mal tourné, et campe littéralement devant la porte du prochain cours, tel le panneau de signalisation humain.

    Salut
    Salut

    Il occupe ses récréations à réviser, seul de préférence pour ne pas risquer d’être distrait, et connait chaque cours sur le bout des doigts dès le lendemain.

    Toujours dispensé d’E.P.S pour d’osbcures raisons médicales qui échappent au commun des mortels, Jimmy en profite pour rentrer des programmes dans sa calculette ou lire des magazines scientifiques qu’il a emprunté à son grand cousin astrophysicien.

    Lorsqu’il a des amis, le Jimmy et ses potos se lancent dans des discussions passionantes sur le fonctionnement du système solaire, agrémentées de blagues scientifiques incompréhensible et de problèmes de math à résoudre en temps record. Jimmy ne sort pas en dehors des cours, excepté pour se rendre à la bibliothèque ou au congrés des mathématiques qui a lieu une fois par an.

    Lorsqu’il doit travailler en groupe, le Jimmy insiste pour réaliser tout le travail seul de peur que ses camarades ne fassent une faute d’orthographe. En sixième, alors que tous les autres garçons veulent devenir pompier ou footbaleur, le Jimmy sait déjà qu’il veut être docteur en biologie cellulaire.

    Préoccupé par des questions existentielles, il n’a pas le temps de prendre soin de son apparence physique et porte les mêmes vêtements depuis la sixième. Sa tenue de prédilection est composée d’un jean élimé coupe « pêche au moule » qui met en valeur ses mollets maigres, d’un tee-shirt à imprimé ridicule « Sauvez les cétacés ! », jaune moutarde de préférence, et de vieilles baskets usées par trop d’exercice physique – la blague. Au niveau du visage, le Jimmy aime porter une coupe de cheveux informes, mention cheveux gras, car « le shampoing c’est une fois par semaine sinon je n’aurais pas le temps de finir l’encyclopédie astrale ». Les lunettes d’Harry Potter ne sont pas qu’un cliché mesquin, malheureusement, car le Jimmy se refuse à porter des lentilles par crainte de paraître moins intellectuel.

Jimmy, la classe réfléchie.

L'emblème du Jimmy
L’emblème du Jimmy
  • Cassandra la Sorcière Superficielle :

De loin l’un des personnages les plus insupportables de l’assemblée, Cassandra donne du fil à retordre aux plus calmes d’entre nous.

Contrairement à Jimmy, Cassandra mise tout sur l’apparence et n’hésite pas à débarquer au lycée avec des talons de dix centimètres, robe décolletée motif léopard et sac à main Makael Kors juste pour le plaisir de pouvoir parader devant les secondes.

Au chapitre maquillage c’est là que tout son talent s’exprime : couche de fond de teint trois teintes au dessus de sa carnation qui rivalise avec le crépi triple épaisseur de votre salon, port de faux-cils ou de six couches de mascara pour un regard « sexy mais naturel, tu vois », lèvres rouge ou « nude » lorsqu’elle est malade, sourcils soigneusement redessinés pour ressembler à Cara Delevingne, port de lentilles de couleur exotique « vert brézil » ou « bleu lagon » pour parfaire le look.

#sourcilsdiscrets
#sourcilsdiscrets

Toujours très honnête, elle critique tout un chacun en gloussant, cachée derrière sa crinière lissée ou bouclée au fer, et fayote avec les profs à la moindre occasion, notamment lorsqu’elle est en tord. Championne du monde de bavardage non puni, Cassandra profite de ses sessions ragots et potins pour instruire ses amies des actualités relationnelles du week-end tout en faisant les yeux doux à Marc, le prof de math dépassé par les événements, en espérant décrocher une bonne note au prochain D.S.

Pas dérangeante pour une paire de Louboutin, Cassandra court sur le haricot de tout le monde, parvient à se disputer avec Jimmy et est détestée par tous, y compris par sa soi disant cour d’admirateurs. Hypocrite et profiteuse, Cassandra n’hésite pas à demander le D.M de physique aux personnes auxquelles elle n’a jamais adressé la parole et se venge férocement si jamais la victime ose lui opposer un minimum de résistance.

Profitant d’une réputation plus ou moins respectable, elle est adulée par les plus jeunes et le lycée entier connaît son nom, même si se sont pour de mauvaises raisons. Elle refuse de sortir avec les garçons de l’établissement car elle a déjà « un copain de vingt-deux ans qui vend des voitures de sport » et qui l’amène en boite le samedi soir. Egalement dispensée d’E.P.S, elle passe les cours assise sur un banc à se plaindre, à critiquer et à glousser bêtement des pauvres filles qui sont au bord de l’asphyxie à force de courir derrière le ballon de basket. Elle poste des selfies à tout va sur snapchat, accompagnée de ses « bébés d’amouuuuuur » et de la bouche en cul de poule et fait des photoshoots pour ses photos de profil facebook. 

Cassandra, la classe maquillée.

  • Bérenger, le bourge pédant :

Fils de bonne famille issu de l’union d’un père chirurgien et d’une mère médecin, la vie de Bérenger est réglée comme du papier à musique. Occupant son temps libre avec des cours de basson et des compétitions d’équitation, Bérenger obtient néanmoins des notes excellentes dans toutes les matières et souhaite rentrer à Science Po avant de devenir président de la république. Engagé politiquement, Bérenger n’hésite pas à se lancer dans des débats interminables avec ses camarades afin de leur exposer ses opinions et de les convaincre de leur bien fondé.

L'antre du Graal
L’antre du Graal

Vêtu comme un dandy parisien, Bérenger dénote au milieu des TN et des Uggs avec ses mocassins à gland et ses polos Lacoste qu’il porte sous un trench ajusté. Fréquentant des étudiants de médecine, Bérenger est invité à toutes les soirées importantes et discute pendant des heures, un wisky-coca à la main, une cigarette Malborro dans l’autre, avec le nouveau copain de sa cousine qui n’est autre que le directeur de l’école de commerce de sa région. Connu comme la marque Louis Vuitton, Bérenger a des relations à peu près partout et obtient à peu près tout ce qu’il désire, y compris des billets moitié prix à la SNCF pour se rendre à son baptême de vol en montgolfière.

Bérenger fréquente des filles de bonne famille qu’il présente à ses parents lors de vernissage à la galerie d’art, se comporte comme un gentlemen lors des dîners de gala, ce qui ne l’empêche pas d’enchaîner les conquête et de mener une vie plutôt débauchée une fois ses copains de prépa retrouvés dans le bar en vogue de la ville le samedi soir.

Bérenger, la classe étudiée.

  • Lolita, la cheap attitude :

On la reconnaît facilement devant le lycée grâce à la coque de son téléphone garnie de strass rose où l’on peut lire « forever besta » et à sa dégaine résultant d’une alliance ratée entre Jennyfer et Babou.

Lolita voudrait devenir mannequin ou relookeuse professionnelle parce qu’elle est « trop swag ! » mais ressemble davantage à une candidate que Cristina Cordula aurait oubliée en coulisse.

En effet, Lolita a les cheveux abîmés et fourchus par les lissages à répétition et sa chevelure est châtain terne aux racines avec les pointes blond pisseux, conséquence de la tendance tie and dye, option démarcation. Elle porte du fond de teint trop clair ou trop foncé, du fard à paupière coloré – rouge, bleu ou violet, selon la tenue du jour -, son vernis est éternellement écaillé et ses vêtements auraient davantage d’utilité reconvertis en chiffon.

Souvent vêtue d’un jean skinny destroy, de bottes noires à talons lui allant au dessus des genoux et de débardeur moulant en dentelle rouge ou rose fluo, elle ne passe pas inaperçue et les Wesh se rincent l’oeil ouvertement lorsqu’elle déambule dans les couloirs.

Lolita a des difficultés en cours et se demande tous les jours pourquoi elle n’est pas allée en CAP coiffure lorsqu’elle se retrouve démunie devant un trinôme du second degrés.

Illustration de l'Enfer
Illustration de l’Enfer

Ses copines lui ressemblent et elles passent leur temps à se montrer les photos de leur « mec trop beauuuuux », assises au fond de la classe. Lolita adule Enrique Iglesias, va au concert de Maitre Gims avec son copain Jérome et se lance dans des conversations interminables sur les différences entre Mcdo et Quick.

Lolita, la classe à « prix bas ».

  • Sacha, le sportif :

Sacha parade fièrement dans les couloirs du lycée, son sac de sport à l’effigie de son équipe de hockey/rugby/handball – rayez la mention inutile – nonchalamment posé sur l’épaule, accompagné de toute sa meute de potes et d’admirateurs.

Musclé, plutôt beau gosse, il joue de son physique avec les filles et les profs afin de pouvoir rendre ses devoirs un peu plus tard. Le Sacha connaît tout le lycée, y compris les pions, l’administration et le proviseur et passe son temps à discuter avec untel ou untelle pour l’inviter au prochain match de qualification de son équipe.

Perpétuellement vêtu d’un survêtement aux couleurs de son équipe pour rappeler à tout un chacun qu’il est un sportif accompli du lundi matin au vendredi après-midi, Sacha semble être le fruit d’un partenariat entre une entreprise de communication et une boite de spots publicitaires, mention sponsor ambulant.

Toujours muni de son équipement – volumineux de préférence – Sacha et son équipe prennent une place incroyable dans les couloirs et sont reconnus par tout l’établissement, de la secrétaire du CVL au nouveau seconde qui est arrivé au milieu de l’année.

Equipement de lacrosse pour un style sportif performant
Equipement de lacrosse pour un style sportif performant

Agréable à regarder mais pas très futé, le Sacha est bien souvent réputé pour sortir des blagues douteuses et faire le pitre en cours aux côtés de Cassandra. Il apprécie également ridiculiser Jimmy Neutron et les parias de la classe, profitant de son statut pour se sentir supérieur. Le Sacha se croit au dessus du commun des mortels et n’hésite pas à le montrer, notamment en cours de sport où il se comporte comme le maître des lieux, régnant sur sa cour tel le pacha transpirant.

Le Sacha revient en cours l’après-midi avec dix minutes de retard, les cheveux mouillés et le tee-shirt moulant collé au torse, essoufflé après son entraînement post-déjeuner. Il charme toutes les filles de la classe, même Caroline la Timide, bien qu’ils soit en couple avec Joana, l’une des meilleures amies de Cassandra.

Sacha, la classe transpirante.

  • Tamara, la représentante du mouvement « Yolo » :

Tamara est réputée pour arriver en cours deux minutes après la deuxième sonnerie, telle la voiture balai de la classe, l’air hagard mais heureux. Elle prend souvent place près des fenêtres et au fond de la classe, seule, afin de pouvoir dessiner à son aise, loin des yeux inquisiteurs de la prof de français, qui, malgré le port de binocles de compétition, ne voit pas plus loin que le troisième rang.

Tamara passe le plus clair des cours à rêvasser ou à dormir, la tête calée entre les bras, bercée par les questions des profs, les bavardages constants et les cris de protestation de Sacha qui s’est fait prendre en train de lancer des bouts de gomme sur Titouan, la créature hybride. Indifférente à la vie qui l’entoure, Tamara est dans les vapes et répond bien souvent par des mystérieuses prédictions métaphysiques lorsqu’un prof se rappelle de sa présence. Branchée littérature post-moderne, Tamara lit également des pavés en format poche pendant les cours de physiques et de math, matières qu’elle a depuis bien longtemps abandonnée pour se consacrer pleinement à l’expression de sa fibre artistique.

L'élément phare de la tenue !
L’élément phare de la tenue !

Vêtue d’un sarouel orange délavé, d’un tee-shirt extra-large « Peace and Drunk » de Septembre à Juin, Tamara ne se fond pas dans la masse des survêtements Nike et des jeans déchirés avec ses dreadlocks parfumées à l’encens « sang de dragon ». Tamara pratique la méditation, boit du thé vert, fume de l’herbe et fréquente un cercle fermé de Hipsters où les discussions philosophiques vont bon train, assis en tailleur autour d’un autel en l’honneur de Bob Marley, la sacro-sainte figure mythique.

Tamara, la classe perchée.

  • Enzo, le Wesh :

Il parcourt les couloirs chaussé de TN, toujours en retard mais jamais pressé, la sacoche Puma en travers de son survêtement Nike. Il traîne avec une bande vêtue de la même manière que lui, qui s’insulte de tous les noms mais qui s’adore malgré tout, surtout quand il s’agit d’embêter les autres. Le Wesh s’amasse dans un coin et passe son temps à interpeller les autres d’une manière plus ou moins polie, selon les individus. Il ne se rend en cours que par obligation car il a déjà redoublé trois fois sa seconde mais ne décide pas pour autant de se réorienter.

Peuplant la zone du dernier rang, son rôle consiste à déranger le cours de toutes les manières humainement possibles, l’imitation des animaux de la ferme étant l’une de ses pratiques de prédilection. Le rira gras et le vocabulaire limité, le Wesh se retrouve démuni lorsqu’il est convoqué au Bagne, c’est à dire au tableau, pour résoudre une équation devant trente-cinq paires d’yeux qui le fixent tantôt avec amusement, tantôt avec exaspération.

Une source d’inspiration inépuisable !
Une source d’inspiration inépuisable !

Terreur des profs par excellence, le Wesh profite de son statut pour jouer la carte de la provocation, bien déterminé à faire craquer l’adulte chargé de son éducation avant le moi de mai. Collé à de nombreuses reprises, il connait le proviseur comme le vendeur de Kebab du coin et se permet de le tutoyer comme ses « Frères ! ». Son but ultime est d’aller en STMG, sa filière de prédilection, où il retrouve tous ses potes pour parler foot et « des nouvelles TN chez Foot Locker », son quartier général.

Le Wesh sort avec des « meufs trop bonnes » qu’il a abordé dans la rue à grand coup de « T’es craquante comme une craquotte ! » qui lui offrent des gourmettes ou des collier en or pour se la jouer « rapeurs ricains, wesh » pendant qu’il ne leur adresse jamais la parole, trop occupé à écouter Nekfeu sur son casque Beats.

Enzo, la classe exaspérante.

  • Caroline, la timide :

Toujours assise au premier rang bien qu’elle ne lève jamais le doigt, Caroline est si discrète que l’on ne remarque son absence qu’en cas d’extrême urgence : lorsque Sacha se retrouve contraint d’occuper son siège parce que le Wesh vient de casser une chaise.

Très ordonnée et organisée, Caroline rend toujours ses devoirs en avance mais est mystérieusement absente lorsque son tour vient de présenter un exposé, l’épreuve fatale responsable de sa grippe carabinée. Elle n’adresse la parole à personne, à part à Jimmy lorsqu’il lui demande le résultat qu’elle a trouvé dans l’exercice trois de l’interro de physique. Caroline s’arrange pour se faire oublier, marche rapidement dans le couloir et passe ses récréations seules dans un coin, occupée à lire un recueil de poésie issue de la Pléaide.

Le Salut
Le Salut

En cours d’EPS, elle est souvent la dernière à être choisie et n’ose pas s’emparer du ballon ou avoir un contact physique inopiné avec un membre de la gent masculine, de peur de devoir lui adresser la parole.

Caroline, la classe discrète.

  • Steven, le gay assumé :

Steven est toujours entourée par une troupe de filles, parle maquillage et fringues et s’offusque dès que Sacha lance un commentaire vulgaire à Cassandra qui passe dans le couloirs, affublée d’une mini jupe en cuir de piton de Birmanie.

Il adore les ragots, suit avec assiduité les Anges et Secret Story et rêve de participer aux Princes de l’Amour pour devenir populaire et faire la couverture de Closer.

L'objectif d'une vie
L’objectif d’une vie

Steven aime faire du shopping avec ses « chériiiiies ! » et s’extasie devant la nouvelle collection Mango à grand renfort de « My God, c’est trop beau ! ». Conseiller cœur par excellence, Steven devient psychologue et expert conjugal à la moindre occasion, écoutant les jérémiades de ses copines qui se sont encore fait plaquer alors qu’il les avait prévenu que « ce mec est un gros connard, ma chérie ! ».

Steven est drôle, sympathique et sait se faire apprécier de tous, excepté des Wesh qui représentent pour lui « la shame ultime, les fonds de tiroirs en matière de style ».

Il fréquente la salle de sport, mange équilibré, soigne son apparence physique, surtout ses cheveux qu’il chouchoute particulièrement pour qu’il restent « brillants et doux parce que je déteste les cheveux rêches et fourchus, mon Dieu ! ».

Steven, la classe soignée.

  • Océane, la racaille :

Équivalent féminin du Wesh, Océane jure comme un charretier, traîne en survêtement rose et n’hésite pas à agresser les Secondes dans les couloirs.

La chevelure décolorée en blond platine ou teinte en noir corbeau, Océane jongle entre des délires capillaires désastreux ajouté à une maîtrise plus que douteuse du maquillage. Toujours accompagnée d’acolytes du même style qu’elle, la Racaille passe le plus clair de son temps à prévoir ce qu’elle va voler à ses camarades de classe, du stylo Bic quatre couleurs dont elle ne se servira jamais au rouge à lèvre MAC qu’elle a repéré dans la trousse à maquillage de Cassandra dans les vestiaires du gymnase.

Butin durement amassé au bout d'un an de racket acharné
Butin durement amassé au bout d’un an de racket acharné

Affublée d’un survêtement Nike – rose pétant de préférence -, Océane ne pratique pourtant aucun sport excepté le vol à l’étalage et la course poursuite dans les couloirs du lycée pour échapper aux pions. La Racaille fume devant l’établissement au lieu d’aller en cours et n’hésite pas à interpeller Marc le prof de Math juste pour le plaisir de le voir trébucher sur sa trottinette.

Océane, la classe des rues.

  • Titouan, la créature hybride :

Titouan est un spécimen en voie de disparition et pourtant il est présent dans chaque établissement tel le fossile marin piégé dans les roches.

Totalement muet, Titouan n’adresse jamais la parole à personne et se contente de baragouiner de vague « hmmm… » lorsqu’un professeur commet l’erreur de l’interroger. Il a élu domicile au find fond de la classe, près de la fenêtre et passe l’intégralité des cours à regarder dehors d’un air absent, le globe oculaire fixant d’un air borne le Monde Libre.

Bien engoncé dans son sweat marron râpeux et délavé, Titouan cache ses écouteurs dans sa manche pour tenter de survivre à cette heure de français puis à la pause déjeuner et essayer de terminer cette journée qui ressemble à toutes les autres, indéfiniment.

#lasurvie
#lasurvie

Titouan ne sèche jamais jusqu’au jour où on s’aperçoit de son absence, deux semaines après sa disparition. Personne ne connait son prénom, personne ne s’intéresse à lui, les profs n’ont « pas le temps de s’occuper de ceux qui ont raté le train ! » et Titouan est condamné au redoublement, sentence qui s’apprete à le piéger une année de plus dans ce lycée qu’il déteste plus que tout.

Titouan, la classe invisible.

  • Sarah, la Science Diffuse :

Particulièrement détestable, la Science Infuse n’a pratiquement pas d’amis, voire aucun. Assise au premier rang, le contenu de sa trousse soigneusement aligné devant elle, Sarah écoute le cours avec une assiduité inhumaine. Le doigt toujours levé à la moindre question posée par le professeur, la Science Diffuse s’attire les foudres de tous ses camarades de classe qui ne supportent plus ses interventions permanentes et inutiles.

Faussement cultivée, Sarah n’hésite pas à faire part de ses maigres connaissances à grand renfort de « reportage sur le domptage des bébés singe » et des émissions qu’elle aurait soi disant écouté sur France Inter par mégarde.

La Science Diffuse prend ses professeurs à parti à la moindre occasion et leur parle en tête à tête devant toute l’assemblée comme s’il s’agissait d’un meeting privé. Toujours dispensée d’EPS pour de mystérieuses raisons qui rendent sceptique le plus tolérant des profs d’EPS, Sarah se vante néanmoins d’avoir pratiqué de nombreux sports, notamment le patinage artistique et l’équitation.

« Il m’attendait là, en fait. »

Triple médaille d’or d’affabulation sévère, la Science Diffuse est contaminée par le gène de la mythomanie, pathologie qui régit son quotidien avec persévérance. Sarah nage dans un océan de mensonges, coule dans une mer d’histoires tordues destinées à s’attirer la sympathie des foules, en vain. Tout ce manège parvient uniquement à perdre tout l’équipage, tant et si bien qu’elle demeure seule sur le paquebot de sa vie avec son gilet de sauvetage et ses fusées de secours.

Sarah, la classe épuisante.

  • Pierre-Jean, le faux Wesh :

Cet individu particulièrement poilant et ridicule est d’une crédibilité qui frôle le niveau de l’écorce terrestre. En effet, Pierre-Jean – P.J pour les potos, Ouesh – n’a absolument rien, pas une once, du syndrome racaille en lui. P.J est blond aux yeux bleus, se rase le crane et s’entaille les sourcils pour ressembler à un vrai « bonhomme », mention survêtement effet sac poubelle et TN de vainqueurs. Néanmoins, le faux Wesh est souvent myope, déficience oculaire malheureuse qui l’oblige à porter des lunettes s’il veut distinguer le visage de la personne qu’il agresse véhément et porte bagues et gourmettes aux poignets pour rajouter un côté rappeur américain beauf au personnage.

Bague crédible et virile
Bague crédible et virile

P.J a commencé sa transformation en quatrième et refuse maintenant d’adresser la parole à ses anciens copains du collège afin de préserver sa réputation de bébé caïd. Extrêmement menaçant, P.J agresse tout un chacun avec une voix de fausset qui ferait pâlir de jalousie le premier eunuque perdu dans la ville.

Ses professeurs gardent espoir et pensent que « ce n’est qu’une mauvaise passe, la crise d’adolescence, tout ça… » et essaient de rassurer les parents de P.J – Marie-France, infirmière et Jean-Noel, employé de mairie – , qui se lamentent, larmoyant, à chaque réunion parents-profs sur le sort de leur progéniture.

Le capital crédibilité déjà bien entamé, P.J tente de se faire totalement accepter par ses potes Wesh mais ce n’est pas une mince affaire lorsqu’on a une tête d’enfant de cœur qu’on aurait abandonné par erreur dans un ghetto mal famé.

Le tour de la classe des personnalités est à présent terminé, j’espère que ce petit voyage dans les antres de la scolarité vous aura plu. N’hésitez pas à venir déposer des portraits d’individus en commentaire afin de compléter le panel de personnages, que l’on rigole tous ensemble ! J’espère que votre rentrée s’est bien passée et que vous avez replongé avec joie et enthousiasme dans les cours et les manuels – ahem.

Bises à l’encre de plumier,

Alexia

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